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Le choix d’une clôture et d’un portail pour délimiter sa propriété

CHOIX — En plus de délimiter votre terrain, la clôture signe l’accueil d’une maison et contribue à valoriser votre bien, au même titre que le portail. Matériaux, styles, aspects sont à choisir avec soin selon que vous privilégiez l’aspect esthétique ou fonctionnel.

 

Avant de faire le choix d’une clôture, son aspect, ses dimensions et sa configuration, il est capital de se poser quelques questions. Est-ce juste pour délimiter le terrain ? Pour dissuader les indésirables intrusions ? Pour empêcher vos animaux de compagnie de s’échapper ou barrer l’accès au terrain à d’autres espèces à quatre pattes ? Ou tout simplement pour préserver son intimité ? Le choix de la hauteur de la clôture, sa constitution (pleine ou ajourée), son matériau (esthétique, durabilité, entretien) sera dicté par les réponses à ces questions. De nombreuses possibilités sont proposées par des fabricants spécialisés ou les Grandes Surfaces de Bricolage, certaines faciles à mettre en œuvre, d’autres nécessitant l’intervention de poseurs avertis. Les budgets quant à eux varient surtout en fonction du matériau et du type de pose exigé. Grillage souple ou rigide, lisses, lames ou barreaux, panneaux occultants, murs en pierre ou en béton, clôture végétale donnent le ton.

 

Préparer son projet

Il faut avant tout tenir compte des règles locales d’urbanisme, plus ou moins contraignantes. En premier lieu, vérifiez bien vos limites de propriété (que ce soit avec vos voisins ou avec le domaine public). Une clôture doit être installée sur votre parcelle de terrain et non à cheval sur la limite séparative des deux terrains (le vôtre et celui du voisin) ! Il est parfois utile de faire effectuer un bornage par un géomètre-expert, plus fiable que le cadastre. La réalisation d’une clôture représente un gros budget et il serait dommage que votre voisin exige son retrait ou sa démolition en cas de litige de propriété (et il en a parfaitement le droit !). De même, une clôture mitoyenne sur la limite séparative de deux propriétés ne peut être changée sans l’accord des deux parties. En bordure de voie publique, il peut aussi y avoir des restrictions : une clôture ne doit par exemple pas entraver l’écoulement des eaux. Il est également primordial de prendre connaissance du Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui détermine les éventuelles dimensions et hauteurs à respecter, les couleurs ou les matériaux autorisés. Enfin, une déclaration préalable de travaux est obligatoire si votre clôture dépasse les 2 mètres ou si votre propriété se trouve à proximité d’un monument historique.

 

 

Simples comme du grillage ou des panneaux

Le grillage souple est la clôture la plus facile et la plus économique à installer. Il suffit d’implanter quelques poteaux métalliques ou en bois dans le sol et de dérouler le grillage en rouleau. C’est d’ailleurs la solution la plus utilisée dans les milieux ruraux, mais ce n’est pas la plus sécuritaire. Le grillage existe aussi sous forme de panneaux rigides, plus efficaces en termes de sécurité et surtout plus résistants. Ceux-ci restent à privilégier sur des terrains plats ou peu pentus, contrairement au grillage souple qui s’adapte à tous les reliefs. Pour se mettre à l’abri des regards indiscrets, il suffit d’ajouter une haie végétale ou des brise-vues en polyéthylène ou PVC imputrescibles. Pensez à installer un portillon coordonné. Le panneau occultant en bois est une alternative abordable au panneau grillagé et bien plus respectueux de l’intimité. Il convient d’opter pour des bois traités autoclave classe 3 ou des panneaux réalisés dans des essences exotiques en vérifiant que le bois est bien certifié, c’est-à-dire issu de forêts gérées durablement. Il est également important de veiller à ne pas poser les panneaux directement sur le sol pour éviter un pourrissement prématuré. Ce type de panneaux existe aussi en composite promettant un entretien plus facile, mais à un prix plus élevé, d’autant qu’au coût des panneaux, il faut ajouter celui des poteaux, des kits d’angle et des profilés (eux aussi en composite) et que les prix varient en fonction des décors ou motifs ajourés plus ou moins sophistiqués.

 

Lames, lisses et barreaux dans tous les matériaux

Les clôtures les plus classiques sont composées de lisses, de lames ou de barreaux en bois, PVC, composite, aluminium, acier ou fer forgé posés entre piliers sur des murets. Elles nécessitent une mise en œuvre dans les règles de l’art. Les moins coûteuses sont celles en PVC, mais ce matériau est peu résistant aux intempéries et vieillit assez mal. Le composite, fabriqué à partir de plastique recyclé mélangé à des fibres de bois ou des fibres naturelles à base de déchets agricoles, supportent mieux toutes les conditions climatiques et offre un bon rapport qualité-prix. Les lisses ou barreaux en bois sont ceux qui présentent l’aspect le plus naturel, mais leur entretien est conséquent, certaines essences nécessitant d’être traitées tous les ans. L’aluminium a le vent en poupe pour sa résistance aux chocs, son absence d’entretien, sa rigidité adaptée aux grandes ouvertures et dimensions et ses nombreux coloris, mais il nécessite un budget trois fois supérieur à celui du PVC. Le béton est aujourd’hui souvent utilisé pour les panneaux et peut l’être pour les lisses. De nouvelles techniques de moulage lui confèrent une esthétique irréprochable. Hydrofugé et teinté dans la masse, le béton ne réclame que peu d’entretien pouvant être lavé au jet en conservant de bonnes caractéristiques mécaniques.

 

Des murs quasi infranchissables

Murs et murets constituent des clôtures en dur, d’une grande durabilité et qui mettent à l’abri du regard le terrain et la maison. Ils peuvent être montés en pierres naturelles, mais aussi en pierre reconstituée, en briques ou en parpaings à recouvrir d’un enduit ou d’un crépi. Pour rendre cet obstacle infranchissable, il faut prévoir une hauteur d’au moins 2,60 m. Selon le type de matériau choisi ou le type de pierres et la technique de montage du mur, le budget peut vite s’élever. Par ailleurs, certaines pierres (par exemple les pierres de taille) exigent la patte d’un artisan confirmé. Les pierres traditionnelles nécessitent un travail de maçonnerie plus classique, mais qui ne s’improvise pas non plus, car il faut prévoir des fondations, trier les pierres, monter le mur, préparer du mortier, faire les joints et assurer la finition du dessus du mur (plate ou au naturel). Aujourd’hui, la tendance est aux murs en gabion qui se présentent sous forme de cages ou de casiers métalliques remplis de pierres naturelles non gélives. La taille des mailles dépend du choix du remplissage et du type de remplissage dépend le prix : une tonne de galets en marbre bleu coûte plus cher qu’une tonne de moellon. D’esprit plus contemporain que les murs de pierres classiques, le gabion mérite d’être associé à des haies végétales pour un aspect moins industriel. Mais pour rester 100 % naturel, rien de mieux qu’une haie végétale qui peut être très dissuasive selon les espèces choisies (tels que le pyracantha et ses redoutables épines…). De l’arrosage à la taille, elle nécessite davantage d’entretien.

 

Ne pas oublier le portail

Le portail est indissociable de la clôture et il définit d’emblée votre lieu de vie. Pour le choisir, il faut donc trouver un compromis entre esthétique, technicité et praticité. Comme la clôture, il peut être plein ou ajouré selon que l’on désire ou non occulter la vue. Il est disponible dans un grand nombre de matériaux (bois, PVC, aluminium, acier, composite…) et de formes et peut être battant ou coulissant selon la configuration du terrain. Le portail battant nécessite un débattement suffisant pour son ouverture qui est généralement prévue vers l’intérieur de la propriété pour ne pas empiéter sur le domaine public et gêner les passants. Le portail coulissant, quant à lui, se déplace latéralement d’un seul côté du passage sur un rail au sol. Cette solution est adaptée aux terrains en pente, mais il faut disposer d’une largeur de refoulement légèrement supérieure à la largeur du portail (entre 50 et 60 cm). Il existe cependant des versions à coulissants télescopiques qui permettent de diviser la largeur de refoulement. Penser à motoriser son portail dès l’installation apporte un confort supplémentaire. Ce sont des systèmes à bras ou à vérins qui sont utilisés pour les modèles de portails battants tandis que pour le portail coulissant la transmission est effectuée par crémaillère. Le portail peut être accompagné d’un portillon du même modèle qui permet l’entrée de personnes à pied.

 

 

À SAVOIR

Une clôture peut-elle être anti-bruit ?

Certaines clôtures ou panneaux  "anti-bruit" sont conçus spécifiquement pour absorber les ondes sonores provenant d’une route passante ou d’une voie ferrée par exemple. Pour être efficace, un mur anti-bruit doit mesurer au minimum 2 m de hauteur. Plus les matériaux sont denses, plus ils disposent d’un fort pouvoir acoustique pour limiter les décibels. Il existe des panneaux vendus en kit moyennement efficaces, mais les murs en dur garantissent une meilleure protection. Pour bien comparer, il faut savoir qu’une rue bruyante présente un indice sonore entre 70 et 80 décibels. Une palissade de bois de 20 mm propose une réduction de 25 dB, un mur en briques de 75 mm promet 40 dB de réduction, un mur de parpaings (75 mm) 50 dB, un gabion (1 m de large) : 60 dB. Une haie végétale bien fournie peut également atténuer les ondes sonores. Sachez aussi que si une nouvelle route se construit à proximité de chez vous, non prévue à la construction de votre bien, c’est au maître d’ouvrage de s’occuper de la protection sonore de votre maison.

 

PARTICULARITÉ

À l’ancienne, la clôture en fer forgé 

La clôture en fer forgé évoque les demeures anciennes, les manoirs et les châteaux. Il est encore possible aujourd’hui de faire appel à un ferronnier d’art ou à un forgeron pour créer le modèle de votre choix. Le fer forgé est en réalité de l’acier à faible teneur en carbone, dur et malléable, à travailler à chaud. Ce matériau est adapté aux grandes dimensions et hauteurs supérieures à 2 mètres. Les grilles en fer forgé peuvent être très dissuasives quand elles sont équipées de pointes anti-intrusion et promettent une grande résistance. Il est néanmoins nécessaire de repeindre réguli.rement la clôture à l’aide d’une peinture antirouille. Le prix d’une telle réalisation est à l’image du travail exigé mais il existe des clôtures en fer forgé en kit standardisées plus abordables.